A propos du péché par Florence Mugny

Mot devenu presque imprononçable, il est chargé d’une histoire qui a engendré tant de culpabilité qu’on ne sait aujourd’hui comment l’aborder sans déclencher une muraille de résistance et de répulsion.
Mortifère, il a été asséné pour brimer, mettre sous le joug d’un pouvoir ecclésial. Mal compris, galvaudé, utilisé à des fins de pouvoir et d’écrasement. Comment lui trouver un sens positif ou lui redonner ses lettres de noblesse favorisant la croissance au lieu de la soumission, et de l’anéantissement ?
Dans la Genèse il n’est nulle part mentionné le terme de « péché originel ». Si l’on simplifie, ce qui se joue au jardin d’Eden c’est l’histoire du désir de toute-puissance de l’homme, le désir de devenir Dieu, le désir de prendre sa place. En ce sens on pourrait dire que c’est cela l’origine du mal car l’homme ne peut pas créer la vie de lui-même, il la reçoit.
Depuis que le monde est, le désir de toute-puissance est omniprésent, exprimé ou masqué il est cause de souffrances. Contrairement à certaines idées reçues, la toute-puissance ne concerne pas seulement ceux qui ont du pouvoir mais tout un chacun. Le désir de contrôler, le refus de la limite, le sentiment de supériorité comme celui d’infériorité par exemple, relèvent de la toute-puissance.
Le péché serait donc de se prendre pour Dieu, avec une autosuffisance que Dieu lui-même refuse. Dans le récit de la création, au 7ème jour Dieu se retire et le monde devient autonome, il laisse alors le soin à l’homme de parachever la création dans une cocréation, l’invitant au respect de toute vie puisqu’elle est don de Dieu. Dans une totale liberté, nous pouvons Le reconnaître ou Le renier, Le considérer comme étant l’origine de tout ou croire au hasard.
Il y a cependant une distinction à faire entre « le péché », ci-dessus mentionné, et « les péchés ». Ces derniers seraient tous ces actes manqués, comme « manquer la cible », qu’une des traductions des péchés dans la Bible illustre parfaitement. Désir de faire le bien et pourtant ne pas y parvenir. Saint Paul comme tout homme y a été confronté et l’exprime dans sa lettre aux Romains 7, 18-20 : « … j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. »
Là encore il s’agit de reconnaître notre impuissance et nos limites avec une vraie humilité et de laisser Dieu agir en nous et de faire toute chose avec Lui.
Si la notion de péché ou de faute n’existait pas il n’y aurait aucun frein à la suffisance et à l’orgueil de l’homme. Nos limites et nos manquements sont là pour nous montrer que nous ne sommes pas meilleurs que les autres. Si nous posons un regard lucide sur nous-mêmes, nous pouvons reconnaître que nous avons tous des pensées de meurtre un jour ou l’autre. Le passage à l’acte, lui, nécessite des circonstances particulières. Le péché peut ainsi être envisagé comme positif, non pour écraser et culpabiliser l’homme mais comme facteur de croissance et d’humilité qui conduit à une reconnaissance de l’autre comme frère en humanité. La liberté de l’homme s’exerce dans cette prise de conscience.


Réfléchissons un peu

( pour accéder directement à la lecture des passages bibliques cités, il suffit de cliquer sur la référence)

Réfléchissons un peu avant d'enfermer des gens et de leur contester la liberté au nom de Dieu !
Petit clin d'œil à mes amis fondamentalistes et littéralistes...(Pasteur Georges Quenon)

le Lévitique

Récemment une célèbre animatrice radio américaine faisait remarquer que l'homosexualité est une perversion. "C'est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chapitre 18, verset 22 : "Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination". La Bible le dit. Un point c'est tout", affirmait cette célèbre animatrice de radio.

Quelques jours plus tard, un auditeur lui adressa une lettre ouverte qui disait: « Merci de mettre autant d'ardeur à enseigner la Loi de Dieu. J'apprends énormément à l'écoute de votre programme et j'essaie d'en faire profiter mes voisins. Mais j'ai quatre questions auxquelles je ne trouve pas de réponse et pour lesquelles j'aurais besoin de vos conseils.

1.- Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c'est indiqué dans le livre de l'Exode, chapitre 21, verset 7. A votre avis, quel serait le meilleur prix ?

2.- Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, à condition qu'ils soient achetés dans des nations voisines. Mon voisin affirme que c'est applicable aux mexicains, mais pas aux canadiens. Est-ce que vous pourriez m'éclairer sur ce point ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas posséder des esclaves canadiens ?

3.- J'ai un voisin qui s'obstine à travailler le samedi. L'Exode, chapitre 35, verset 2, dit clairement qu'il doit être condamné à mort. Est-ce à dire que je suis obligé de le tuer moi-même ?

4.- Une dernière question. Mon oncle ne respecte pas ce le Lévitique, chapitre 19, verset19, en plantant deux types de culture différents dans le même champ, de même que ma tante qui porte des vêtements faits coton et polyester. Est-il nécessaire d'aller jusqu'au bout de la procédure et de réunir tous les habitants du village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le prescrit le Lévitique, chapitre 24, verset 10 à 16 ? Est-ce qu’on ne pourrait pas plutôt les brûler vifs au cours d'une petite réunion familiale, comme ça se fait avec ceux qui dorment avec des parents proches, et tel que c’est indiqué au chapitre 20, verset 14 ?"

Je vous remercie de l'attention que vous porterez à mes quelques demandes et me remets d'ores et déjà totalement à vos conseils. Je suis certain que vous donnerez des réponses pertinentes à mes questions



Quelques réponses reçues sur facebook:


--- Fatine Kens
Bonjour Georges, je suis contente de te lire sur Facebook. le sujet est intéressant et j'aimerai savoir d'après toi quelle traduction faut il avoir de ses textes. Il y a t'il que le levitique qui parle de l'homosexualité?

--- Audrey d'Angelo Dans la même optique, voici un livre que j'ai vraiment bien aimé: http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature-etrangere/lannee-ou-jai-vecu-selon-la-bible L'année où j'ai vécu selon la Bible Actes Sud

--- Pierre Ponremy
: Ces questions vont de soi, parce que la Bible elle même les inspire.Cependant, concernant le point particulier de l'homosexualité, c'est l'un des points sur lequel nous savons tous que Dieu a fait tomber le feu du ciel sur les 2 villes dont c'était le mode vie. A l'instar de Jonas, l'homme (fût-il prophète) peut toujours désobéir à Dieu, qu'à la fin, c'est Lui qui a le dernier mot. Moralité : gardons nous de bénir (dire du bien) de ce que Dieu a maudit !:

--- Giuseppe Carrozzo :
Bonjour à tous, petit clin d'oeil à ceux qui tordent le sens des Ecritures et qui ne tiennent pas compte de la révélation de Dieu dans sa globalité. Fatime, je te rassure il n'y a pas que le Lévitique qui dénonce l'homosexualité (voir par ex. Rom. 1. 18-27)

--- Giuseppe Carrozzo : "Ce que l’on entend :
“Les homosexuels sont victimes de discriminations. Ils doivent avoir, comme leshétérosexuels, le droit de se marier. ”
Ce que l’on oublie souvent de dire :
L’argument du mariage pour tous ceux qui s’aiment ne tient pas : ce n’est pas parce que des gens s’aiment qu’ils ont systématiquement le droit de se marier, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels. Par exemple, un homme ne peut pas se marier avec une femme déjà mariée, même s’ils s’aiment. De même, une femme ne peut pas se marier avec deux hommes, au motif qu’elle les aime tous les deux et que chacun d’entre eux veut être son mari. Ou encore, un père ne peut pas se marier avec sa fille même si leur amour est uniquement paternel et filial. " Gilles Bernheim

--- Cedric Roulent et propos de Romain 1.26-27
Se tournant vers les écritures de Paul, V.P. Furnish éclaire la question: “Puisque Paul n'a offert aucun enseignement direct à ses propres églises concernant le comportement homosexuel, il est certain que ses lettres ne peuvent produire aucune réponse spécifique aux questions qui se posent à l'église moderne. ... Pour Paul, ni la pratique de l'homosexualité, ni la promiscuité hétérosexuelle, ni n'importe quel autre vice spécifique n'est défini en tant que tel comme étant un 'péché.' À son avis le péché fondamental dont tous les maux particuliers découlent est l'idolâtrie – l'adoration de ce qui est créé plutôt que le Créateur, soit une idole en bois, soit une idéologie, soit un système religieux, soit un certain code moral particulier.” Dans Romains 1, Paul ridiculise la rébellion religieuse païenne, en disant qu'ils connaissaient Dieu mais adoraient des idoles plutôt que Dieu. Pour construire son raisonnement, ce qu'il tournera contre les moralisateurs juifs au 2ème chapitre, il fait allusion aux pratiques typiques des cultes de fertilité impliquant des pratiques sexuelles entre des prêtresses, et entre des hommes et des eunuques-prostitués comme ceux qui servaient la déesse Aphrodite en Corinthe, d'où il a écrit cette lettre aux Romains. Leurs rites d'auto-castration ont eu comme conséquence une “pénalité” corporelle. Comme l'explique Catherine Krueger dans le Journal of the Evangelical Theological Society: “Les hommes portaient des voiles et les cheveux longs pour indiquer leur dévotion envers la déesse, alors que les femmes employaient le dévoilement et les cheveux courts pour indiquer la leur. Les hommes se faisaient passer pour des femmes, et dans une peinture rare sur un vase de Corinthe, une femme porte un pantalon de satyr équipé de l'organe masculin. Ainsi elle danse en présence de Dionysos, une déité qui avait été élevée comme une fille et était elle-même appelée mâle-femelle et 'homme simulé.'” Krueger poursuit: “Le changement de sexe qui caractérisait les cultes de telles grandes déesses comme Cybèle [Aphrodite, Ishtar, etc.], la déesse syrienne, et Artemis d'Éphèse était plus effroyable. Les mâles se sont volontairement châtrés et ont porté des vêtements de femmes. Un bas-relief de Rome dépeint un grand-prêtre de Cybèle. Le prêtre châtré porte un voile, des colliers, des boucles d'oreille et une robe féminine. Il est considéré comme ayant échangé son identité sexuelle et comme étant devenu une prêtresse.” Comme tels, ces prostitués religieux s'engageaient dans des orgies de même sexe dans les temples païens tout au long des côtes parcourues par Paul au cours de ses voyages missionnaires. “Le concept de l'homosexualité compris par Paul,” comme l'indique Thielicke, “était un de ceux affectés par l'atmosphère intellectuelle entourant la lutte avec le paganisme grec.”

--- Cedric Roulent : Lévitique 18.22 (20.13)
“Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme; c'est une abomination.” “Abomination” (TO'EBAH) est un terme technique cultique qualifiant celui qui est rituellement impur, comme le tissu mixte, le porc, et les rapports sexuels avec des femmes en menstruation. Ce terme n'a pas de rapport avec un problème de morale ou d'éthique. Ce Code de Sainteté (chapitres 17-26) interdit à un homme de coucher “avec un homme comme on couche avec une femme.” On considérait comme pollution un tel mélange des rôles sexuels. Mais même Jésus et Paul ont tous deux rejeté toutes ces formes de distinctions rituelles. (Cf. Mc 7:17-23; Rom 14:14,20) Le Fundamentalist Journal avoue que ce Code condamne “les pratiques idolâtres” et “l'impureté rituelle” et conclut: “aujourd'hui nous ne sommes pas tenus par ces commandements.” Sauf si vous faites encore des sacrifices, lapidez votre voisin qui tond la pelouse le jour du Seigneur et vendez votre fille de 12ans en mariage comme enseigner dans ces passages !! lol

--- Pierre Ponremy
Dieu est le même, hier, aujourd'hui et éternellement....voici une vérité simple qui renvoie à leurs chères études "les sages et les intelligents". Dans une société et dans un monde où la Parole de Dieu n'est pas entendue et pratiquée ( encore moins par ceux qui la combattent), il me paraît bizarre ou étrange de constater que ceux qui citent l'apôtre Paul "oublient" en même temps sa position lorsqu'il disait que "si notre espérance était dans ce monde, nous étions les plus malheureux des hommes". Vouloir "mettre un emplâtre sur une jambe de bois" peut rassurer certains sur leur capacité de marcher dans ce monde, mais il n'en est pas moins vrai que ce monde est jugé...et à ceux des "journaux fondamentalistes" qui ne sont "ni froid ni bouillant", il est dit : "qu'ils ne savent pas qu'ils sont...malheureux, misérables, pauvres, aveugles et nus"...fin de l'histoire.

--- Cedric Roulent
J'aime la notion hébraïque et pré-chrétienne de Jésus, avec le Dieu d'Abraham, le Dieu de Jacob, le Dieu de Moïse, le Dieu de Jérémie, le Dieu de Job,... Un « Ehyeh asher ehyeh » allez, et … si vous n’y aller pas, alors rien… ! Plutôt que ce Grand Dieu Universel Grand Président-Directeur Général qu'en font les possesseurs religieux qui détiennent LA vérité biblique universelle. J'ai cru lire que le message principal de la Bible était l'amour total et la libération de l'homme par l'homme (Moïse, Jésus,...) "Allez et j'irai avec vous" Exode 3.14. Aussi Dieu n'existe que si l'on donne de l'action à ce message concrètement et sans aucune distinction. Un Dieu de l'expérience et pas un Dieu taillé dans la pierre ou la pensée.

--- Pierre Ponremy
Aucun homme ne donne une existence à Dieu, qui pour la circonstance n'existe que par lui-même. S'il s'est révélé à Abraham, Jacob, Isaac...Il continue de le faire aujourd'hui, non pas aux intellectuels, orgueilleux et égoïstes, mais à ceux qui comprennent les choses spirituelles, par l'esprit de Dieu en eux. Ce qui explique que Dieu n'est pas un taillé dans la pierre ou dans la pensée (intellectuelle et charnelle). Il se révèle par Sa Parole qui accomplit Sa volonté d'éternité en éternité, et non pas au gré des changements de mœurs et de société."Le ciel et la terre passeront, mais la Parole de Dieu ne passera jamais". La Vérité donc pour biblique et universelle qu'elle soit, est d'abord une Personne. Elle n'est ni religieuse, ni laïque...ni personnalisable à volonté.

--- Matthieu Faure
je suis d'accord audrey d'angelo et je l'ai lu aussi. l'auteur a passé un an à lire la Bible et appliquait à la lettre ( ex: ne pas avoir de contact avec sa femme pendant qu'elle a ses règles). Il explique qu'au final, la Bible est un peu une cafétéria: on prend ce que l'ont veut. Et dans un sens, je pense qu'il a raison parce qu'on prend certains versets au pied de la lettre et d'autres moins littéralement. Ce qui est choquant, c'est la violence qui a dégénéré et l'extrème droite qui a juste trouvé un moyen de prendre la manifestation. Personnellement, je suis plus inquiété que cela se passe dans nos églises plutôt qu'en dehors. Lire aussi article :

--- Pierre Ponremy
Le mariage gay est une abomination....une invention perverse et inhumaine, contraire au mariage institué par Dieu entre un homme et une femme.

--- Georges Quenon
Je précise ma pensée en mettant ce texte qu'ais-je voulu signifier ? Non pas d'ouvrir un débat sur le mariage pour tous, quoique cela mérite aussi un partage et une écoute mutuelle. Mais mon but à travers la publication de ce texte était de partager ma grande préoccupation en tant que lecteur de la Bible : distinguer entre la lettre qui tue et entre l'Esprit qui donne la vie. Tant de chrétiens restent bloqués, restent coincés dans un mal être et des culpabilités parce qu'il lisent la Bible comme une loi sèche, sans vie, comme une parole d'un Dieu qui tranche les têtes de celles et ceux qui n'obéissent pas à la lecture fondamentaliste. Non Dieu n'est pas un fondamentaliste, il est un Dieu qui libère, aime et fait vivre ! Il y a un grand danger de prendre les textes à la lettre, une lecture fondamentaliste et littéraliste est très dangereuse car elle s'érige en Dieu lui-même, elle usurpe la place de Dieu, croyant lui être fidèle. Elle confond sa manière de lire la Bible et de l'interpréter avec la Parole de Dieu. La lecture littéraliste oublie qu'elle a ses "lunettes" propre pour lire les textes. Attention de confondre entre notre interprétation personnelle et la volonté de Dieu. C''est ce que l'Eglise et les religions en générales ont fait bien souvent. A travers des dogmes, des manières d'interpréter les écritures elles ont imposé leurs vues et interprétations, leurs dogmes, leurs éthiques et moralités, ... à l'intérieur de leurs cercles d'adeptes et même à l'extérieure, dans la société. L'Eglise a été tellement sûr d'avoir La Vérité, qu'elle a cru bon l'imposer à tous, sans réfléchir, écouter, ... et cela n'a amené que des conflits, des guerres. Souvent l'Eglise et les religions ont érigé des murs alors qu'elles étaient appelées à construire des ponts. Les religions au lieu d'apporter le message d'amour et de paix pour tous les hommes ont élévé au contraire ces hommes les uns contre les autres. Ne confondons pas notre propre pensée, interprétations, lecture des textes avec une vérité qui serait immuable pour tous les temps. N'excommunions pas les personnes qui n'interprètent pas ou ne lisent pas de la même manière que nous. Tous nous sommes aimés de Dieu qui que nous soyons. Que ma manière d'exprimer ma foi n'empêche pas d'autres manières de dire Dieu et d'y croire. Et surtout au nom de Dieu n'excluons personne et ne jugeons pas ceux et celles qui ne pensent pas comme nous. Dieu est père de l'humanité et c'est son amour qui aura le dernier mot et non nos dogmes.

--- Pierre Ponremy
Merci pour cet éclairage. Même s'il ne s'agit pas d'enfermer la Parole de Dieu dans des dogmes religieux, ou de se lâcher dans des querelles doctrinales ou fondamentalistes, il est évident que , humains que nous sommes, nous semblons coincés entre la lettre, et l'esprit qui selon la Bible juge de tout. Après, s'agit-il de l'esprit du monde ou de l'esprit de Dieu, ceux qui prétendent Le citer afin de justifier des prises de position qui font la part belle aux intérêts de groupes d'influence ou lobbies, ne sont pas (à mon avis) dans l'Eglise, celle qui n'a qu'un seul leader, le Christ lui-même. Ce propos n'enlève rien bien entendu, à la création toute entière qui...soupire encore après l'avènement des fils de Dieu. Alors soupirer dans la souffrance ou dans la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, permet à chacun de s'attendre à Lui, mais avec la seule nuance : " revenir de ses mauvaises voies"... C'est pourquoi aussi, j'aime tant la conclusion du livre des Révélationsde ma bible.

--- Giuseppe Carrozzo
En effet, il y a des murs érigés par des fondamentalistes de tous bords (libéraux, philosophiques et politiques inclus) Ne caricaturons pas ! Le fondamentalisme n’est pas seulement dans un camp… Heureusement il y a le mur facebook sur lequel on peut encore écrire et s’exprimer. Quant au fondamentalisme, faut-il encore le définir !
Un principe philosophique dit « éclairé » peut fort bien cacher un fondamentalisme de la pensée, non biblique et non littéraliste, donc les libéraux ne sont pas à l'abri du fondamentalisme !
Exemple : La liberté est un bien fondé que personne ne peut nier, mais si ce principe est élevé en loi universelle applicable partout et sans retenue, alors le principe lui-même porte le germe de la violence et du fondamentalisme. Pour rester cohérent, il faudra maintenir l’équilibre en plaçant le respect à côté de la liberté. Liberté et respect vont donc de paire, ils doivent être maintenus côte à côte comme des principes complémentaires qui s’enrichissent l’un l’autre. De la même manière, l’énoncé biblique Dieu est Amour doit rester en équilibre avec la notion de la Justice de Dieu. Les libéraux disent des évangéliques qu’ils sont fondamentalistes parce qu’ils affirment la vérité, et moi je dis que les libéraux sont fondamentalistes en déformant volontairement la vérité. Je n’éprouve aucune gène à dire que la pensée évangélique est cohérente : Amour et Justice de Dieu en parfait équilibre ! La pensée libérale quant à elle est une pensée mutilée. J’entends par là que le dieu des libéraux est amputé de ses attributs. Dès lors, il est tout à fait évident que le libéralisme va développer une philosophie antinomiste (hostile à toutes lois) tout en excluant la justice de Dieu, qui a ses côtés exigeants, mais certes, cela dérange ! En ne gardant que l’attribut qui plait le plus « l’Amour », l’on fait violence à la vérité théologique et intellectuelle. Il est indéniable que chaque pensée se développe à partir d’un postulat, le libéralisme n’y échappe pas, au contraire !
Le récit biblique lui-même commence avec un postulat : Dieu existe, il est le Créateur de la vie et il instaure des lois qu’il faut prendre en considération pour préserver et pour promouvoir la vie ! C’est exactement le point de vue des évangéliques. En respectant ces principes, cela ne fait pas de vous un illustre obscurantiste, mais quelqu’un de cohérent avec ses convictions ! La pensée libérale (en matière de théologie) quant à elle repose sur un autre postulat qui est également affirmatif et catégorique, à savoir, le fait qu’il ne peut pas y avoir de vérité absolue et que forcément chaque vérité est relative et contingente ! Aujourd’hui, je m’insurge contre le cliché : libéralisme = pensée éclairée, et évangélisme = obscurantisme ! Ceux qui affirment catégoriquement de telles choses sont les véritables fondamentalistes !
Oser dire qu’en parallèle de l’amour de l’homme il doit y avoir le respect de la justice de Dieu, cela ne fait pas de vous la pire bête intellectuelle.
Mes frères évangéliques, continuez à dire haut et fort vos convictions fondées sur la Révélation de Dieu. Quant à vous chers amis libéraux, cessez de nous prendre pour des imbéciles !

Georges Quenon
Arrêtons d'opposer les uns et les autres et de voir qui a la vérité et qui est dans l'erreur. C'est ce genre de manichéisme qui est très dommageable pour toutes et tous. Nous sommes tous des chercheurs en marche, personne n'a la vérité. On peut s'illusionner de la détenir mais l'honnêteté intellectuelle doit nous remettre en question. Dans chaque théologie, pensée, spiritualité il y a du "bon grain" mais il y a aussi "de l'ivraie", pour reprendre une parabole de Jésus. Il est impossible qu'il en soit autrement, par le discernement et le dialogue nous pourrons prendre des uns et des autres et avancer vers la vérité qui est insaisissable et heureusement !

Le commentaire suivant n'est pas dan la discussion, mais ne serait-il pas une belle conclusion?
Bruno Leroy Éducateur-écrivain
L'affirmation de soi et de sa différence prend toujours le visage du refus et de l'opposition. Dès l'âge de deux ans, l'enfant sait dire non. Il met son entourage à l'épreuve et enregistre les réactions qu'engendre l'exercice de sa fragile autonomie. Il peut, par son entêtement, paralyser les projets de toute la famille, faire perdre patience à ses parents, obtenir parfois de guerre lasse ce qu'on lui refusait, centrer toute l'attention sur lui au détriment de ses frères et sœurs. L'adolescence est, on le sait, une autre période privilégiée pour exister en s'opposant. Il faut tout de même du temps, souvent jusqu'à l'âge adulte, pour parvenir à la véritable capacité de dire " NON ", sans blesser l'autre et sans culpabilité, simplement se respecter soi-même et se faire respecter des autres. S'affirmer positivement ou afficher refus et résistance sont deux façons d'atteindre l'identité personnelle et de la manifester. L'incapacité d'emprunter l'une ou l'autre voie, chez un adulte, est signe d'une maturité inachevée. Affirmation et refus prennent racine dans l'individu et lui permettent de se poser différent face à l'autre. Mais l'autre contribue aussi à façonner l'identité en jouant le rôle de miroir et en reflétant à l'individu sa propre valeur. C'est le cas de l'amour maternel et paternel, de l'amour du couple ou de l'estime qui se développe entre collègues de travail. Ces relations sont normalement marquées par l'acceptation mutuelle. Cela n'implique pas, tout le monde le sait, que les partenaires soient toujours d'accord ni qu'ils partagent les mêmes goûts et les mêmes vues sur tout … Mais cela signifie que chacun est accueilli et apprécié comme il est de façon globale et positive. On peut dire à l'autre son désaccord, le reprendre, l'encourager à repousser une limite ou à combattre un défaut. C'est une autre façon de lui refléter qu'on croit en lui et qu'on désire qu'il grandisse davantage en devenant pleinement lui-même. La confiance est contagieuse lorsqu'elle révèle à un être tout ce qui l'habite et lui tend la main pour lui ouvrir la porte de son destin. Rêvons d'une société où notre confiance serait force de persuasion avec ce regard d'amour qui fait grandir l'autre en son humanité afin qu'il puisse s'affirmer face à la rudesse d'un monde qui néglige mortellement nos individualités. Rêvons d'une humanité libérée et faisons en sorte que nous aidions à cette libération par notre confiance donnée avec amour à ceux et celles dont les pas hésitant demandent qu'on les soutienne dans leur titubation vers leur affirmation.