Le billet d’Ivette Vanescote

LA CHARTE DE LA COMPASSION

Comment rendre cette interview de Karen AMSTRONG, dans le Soir du 14 mars ?
Spécialiste des religions, elle est à l’origine de la « charte de la compassion », lancée en 2008. Règle d’or de cette charte : toujours traiter autrui comme on voudrait être traité soi-même.

Je vous vois venir, avec vos gros sabots : « mais bien sûr, c’est évident, aime ton prochain comme toi-même, fais à autrui… Et tchic et tchac ! »
C’est tellement évident… que nous ne mettons pas souvent en pratique ces belles paroles.
Primo, nous ne nous aimons déjà pas facilement, en général, alors comment aimer les autres ? Secundo !

Mais Karen -permettez-moi cette familiarité- ne dit pas que cela. Elle constate que nous vivons dans un monde sécularisé. D’accord, pas nouveau.
Que, quand nous disons « Dieu », nous ne savons pas de quoi nous parlons… Nous parlons de Dieu de façon très stupide, dit-elle.
Voilà qui m’interpelle et me fait du bien. Reconnaître notre ignorance à propos de Dieu. Nos certitudes, nos a priori, nos affirmations massives sur Dieu sont contraires à ce que dit la Genèse même. « Quand nous lisons la Genèse, nous y cherchons des faits. Que dit la Genèse ?
Dans le chapitre 1, un dieu tout-puissant crée tout, bénit tout le monde, etc. Le reste du livre de la Genèse déconstruit totalement cela ! Le dieu créateur devient destructeur avec le déluge, celui qui était si impartial privilégie ses favoris… Le livre nous apprend que le monde est injuste. A la fin, vous ne savez pas à quoi, à qui ressemble Dieu. Et c’est cela que nous devons garder en tête : à chaque fois qu’on évoque Dieu, en fait, on ne sait pas du tout de quoi on parle. »

Wouah, je n’ai pas pu résister à la tentation de la citer entièrement. C’est décapant et cela fait du bien.
Mais le meilleur vient ensuite : la Bible et les écritures des autres religions en général, ne cessent de rappeler que la chose la plus importante, c’est la compassion. C’est en agissant que vous vous rapprochez le plus de ce qu’est la religion, pas en priant plusieurs fois par jour.
Et il faut entendre aussi sa critique des religieux : « ils ne parlent pas de compassion. Ils ne se concentrent que sur la doctrine ».
On est un des pays les plus riches au monde et on laisse dormir des gens dans la rue !

Bon, tout cela peut paraître un peu excessif. Mais attention, en disant cela, à ne pas déjà chercher une porte de sortie pour excuser nos paresses, nos égoïsmes, notre manque de compassion.
Nous vivons confortablement, les petites actions philanthropiques que nous menons ne dérangent pas le cours de notre vie. Nous ne nous battons guère plus pour que nos politiciens mettent de la compassion dans leur politique, à l’exemple de ce maire d’une ville du Kentucky qui a signé cette charte et a décidé que personne ne devait dormir dans la rue et a logé les SDF dans un hôtel...
Au contraire, si nous faisions cela, (on l’a déjà fait) que n’entendrait-on comme critique ?
Celui qui est dans la rue, c’est qu’il le veut bien. Le pauvre, c’est de sa faute. Et cela n’arrête pas. C’est d’ailleurs le fonds de commerce des populistes qui, pour bien régner, brossent le poil des électeurs naïfs et niais qui ne voient et ne votent pas plus loin que le bout de leur nez.

A la place de cette monstruosité d’égoïsme et de bonne conscience, en lieu et place d’une religion qui ne prône que des règles absolues, ce qu’il faut faire et ce qui est interdit, mettons


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